Sécurité intérieure : comment arrêter de chercher la validation des autres et apprendre à se faire confiance
Tu peux avoir fait des années de travail sur toi, connaître tes blessures, comprendre tes schémas relationnels et malgré tout continuer à chercher la validation des autres.
Demander l’avis de quelqu’un avant de prendre une décision.
Avoir besoin d’être rassurée avant d’oser.
Douter de ton intuition.
Te demander si tu as fait le bon choix.
Chercher dans le regard de l’autre la confirmation que tu peux avancer.
On parle souvent de "manque de confiance en soi" dans ces situations.
Mais il existe parfois une autre lecture.
Et si derrière ton besoin de validation se cachait surtout un besoin de "sécurité intérieure" ?
Qu’est-ce que la sécurité intérieure ?
La sécurité intérieure est la capacité à sentir que tu peux rester en lien avec toi-même, tes besoins, tes émotions, ton corps et tes valeurs, même lorsque ton environnement est incertain.
Elle ne signifie pas que tu te sens bien en permanence.
Elle ne signifie pas non plus que tu n’as plus peur, que tu ne doutes jamais ou que tu n’as besoin de personne.
La sécurité intérieure n’est pas une forteresse.
C’est plutôt un point d’ancrage intérieur.
Tu peux être traversée par une émotion, vivre un conflit, faire face à une décision difficile ou ne pas savoir ce qui va se passer sans immédiatement perdre le contact avec toi-même.
Tu peux te dire :
« Je ne sais pas encore ce que je vais faire, mais je peux prendre le temps de m'écouter. »
Et cette différence est fondamentale.
Sécurité intérieure et confiance en soi : quelle différence ?
La confiance en soi est souvent associée à la croyance que l’on est capable de réussir quelque chose.
La sécurité intérieure va plus loin.
Elle concerne la relation que tu entretiens avec toi-même lorsque tu ne sais pas, lorsque tu échoues, lorsque quelqu’un te désapprouve ou lorsque la vie ne se déroule pas comme prévu.
Tu peux donc avoir confiance dans certaines de tes compétences et pourtant manquer de sécurité intérieure dans tes relations.
Tu peux être brillante professionnellement et complètement perdre tes repères lorsqu'une personne importante te désapprouve.
Tu peux prendre des décisions complexes au travail et demander l'avis de cinq personnes avant de savoir si tu as le droit de suivre ton intuition dans ta vie personnelle.
La question n'est alors pas seulement : « Est-ce que je crois en moi ? »
Mais aussi :« Est-ce que je peux me faire confiance ? »
Pourquoi cherches-tu autant la validation extérieure ?
Chercher la validation des autres n'est pas un défaut de caractère.
C'est souvent une stratégie que nous avons apprise.
Nous sommes des êtres profondément relationnels. Dès l'enfance, notre sentiment de sécurité se construit dans nos premières relations et dans les expériences que nous vivons avec les personnes qui prennent soin de nous.
Nous apprenons progressivement :
* si nous pouvons exprimer nos émotions ;
* si nos besoins sont entendus ;
* si nous avons le droit de dire non ;
* si nous pouvons faire des erreurs ;
* si nous pouvons être en désaccord ;
* si nous pouvons être pleinement nous-mêmes sans perdre le lien avec l'autre.
Lorsque nous avons beaucoup appris à nous adapter, à anticiper les réactions des autres ou à chercher leur approbation, nous pouvons finir par développer une forme de sécurité extérieure.
Pour nous sentir bien, il faut alors que quelque chose à l'extérieur nous confirme que tout va bien.
Que l'autre nous aime.
Qu'il ne soit pas en colère.
Qu'il approuve notre décision.
Qu'il nous rassure.
Qu'il nous choisisse.
Le problème n'est donc pas forcément que tu « manques de confiance ».
Tu as peut-être surtout appris à chercher à l'extérieur les signes qui te permettent de te sentir en sécurité.
Quand le besoin de validation devient un réflexe
Tu peux reconnaître ce fonctionnement dans des situations très concrètes.
Tu demandes constamment l'avis des autres
Tu as une décision à prendre et tu demandes l'avis de plusieurs personnes.
Puis, même après avoir obtenu leurs réponses, tu continues à douter.
Parce que le problème n'était peut-être pas de trouver la « bonne » réponse.
Tu cherchais quelqu'un qui puisse te donner suffisamment de sécurité pour prendre ta décision.
Tu as peur de décevoir
Tu sais ce que tu veux, mais tu imagines immédiatement la réaction des autres.
« Et si elle le prend mal ? »
« Et s'il pense que je suis égoïste ? »
« Et si ma famille ne comprend pas ? »
Alors tu ajustes ton choix.
Tu repousses.
Tu renonces.
Ou tu finis par choisir ce qui rassurera les autres plutôt que ce qui est juste pour toi.
Tu doutes de tes propres ressentis
Ton corps te dit non, mais tu cherches une raison rationnelle pour accepter.
Tu sens qu'une relation ne te convient plus, mais tu attends d'avoir suffisamment d'arguments pour avoir « le droit » de partir.
Tu ressens de la colère, mais tu te demandes immédiatement si tu exagères.
Tu es fatiguée, mais tu cherches encore une justification pour t'autoriser à ralentir.
Peu à peu, tu apprends à faire davantage confiance aux arguments extérieurs qu'à ton propre ressenti.
Tu cherches à contrôler pour te rassurer
Lorsque la sécurité intérieure est fragile, le contrôle peut devenir une stratégie de protection.
Anticiper.
Prévoir.
Analyser.
Comprendre.
Tout organiser.
Tout savoir.
Tout vérifier.
Le contrôle donne parfois une sensation de sécurité parce qu'il donne l'impression que nous pouvons empêcher l'incertitude d'arriver.
Mais la vie ne devient pas plus prévisible parce que nous essayons davantage de la contrôler.
La sécurité intérieure ne consiste pas à ne plus avoir besoin des autres
C'est une nuance essentielle.
Il existe aujourd'hui beaucoup de discours autour de l'autonomie, de l'indépendance et du fait de « ne dépendre de personne ».
Mais cette vision peut rapidement devenir une nouvelle injonction.
Tu n'as pas besoin de devenir une femme qui ne demande jamais d'aide.
Tu n'as pas besoin de ne plus avoir besoin d'être rassurée.
Tu n'as pas besoin de tout gérer seule.
Tu as besoin de pouvoir recevoir des autres sans leur abandonner ton pouvoir intérieur.
C'est très différent.
Une relation saine peut être un espace de soutien, de tendresse et de sécurité.
Mais l'autre n'a pas à devenir responsable de ta valeur.
Il n'a pas à décider qui tu es.
Il n'a pas à valider chacun de tes choix.
Il n'a pas à réparer toutes tes blessures.
Et toi non plus, tu n'as pas à devenir totalement autonome pour mériter d'être aimée.
La sécurité intérieure se construit aussi dans la relation, pas contre elle.
Comment retrouver sa sécurité intérieure ?
Il n'existe évidemment pas une méthode universelle pour retrouver sa sécurité intérieure.
Mais plusieurs chemins peuvent t'aider à développer une relation plus solide avec toi-même.
1. Apprendre à écouter ton corps
La sécurité intérieure ne se construit pas uniquement dans la tête. Ton corps peut t'apprendre énormément sur ce que tu vis.
Une contraction.
Une boule dans la gorge.
Une respiration courte.
Une sensation d'ouverture.
Une fatigue soudaine.
Une envie de partir.
Une sensation de calme.
Encore faut-il apprendre à écouter ces signaux sans immédiatement les juger ou les rationaliser.
Tu peux commencer par te demander régulièrement :
« Qu'est-ce que je ressens dans mon corps lorsque je pense à cette situation ? »
Puis : « De quoi ai-je besoin maintenant ? »
Pas de ce que tu devrais ressentir.
Pas de ce que l'autre attend.
Pas de ce qui serait raisonnable.
De ce dont toi, tu as besoin.
2. Faire la différence entre intuition et peur
Lorsque tu as longtemps douté de toi, il peut être difficile de savoir si ce que tu ressens est une intuition ou une peur.
C'est normal.
L'objectif n'est pas de suivre aveuglément chaque sensation. Il s'agit plutôt de recréer progressivement un dialogue avec toi-même.
Tu peux observer : Est-ce que je dis oui parce que j'en ai envie ?
Ou : Est-ce que je dis oui parce que j'ai peur de la réaction de l'autre ?
Cette question toute simple peut déjà ouvrir beaucoup d'espace.
3. Commencer à prendre de petites décisions sans demander de validation
Si tu as l'habitude de demander constamment l'avis des autres, ne cherche pas à devenir soudainement totalement indépendante.
Commence petit.
Choisis ce que tu veux manger.
Dis ce que tu préfères.
Choisis une activité.
Donne ton opinion.
Dis non lorsque quelque chose ne te convient pas.
Puis observe ce qui se passe en toi. Le but n'est pas de toujours avoir raison.
Le but est de découvrir que tu peux prendre une décision, te tromper éventuellement, et continuer à être en sécurité avec toi-même.
C'est une différence fondamentale.
4. Apprendre à traverser le désaccord
Une grande partie de la recherche de validation vient parfois de la peur du conflit. Si quelqu'un n'est pas d'accord avec toi, ton système intérieur peut interpréter ce désaccord comme une menace pour la relation.
Alors tu t'expliques.
Tu te justifies.
Tu changes d'avis.
Tu t'excuses.
Tu cherches à réparer immédiatement.
Mais 2 personnes peuvent être en désaccord sans que la relation disparaisse.
Tu peux être aimée et dire non.
Tu peux être une bonne personne et déplaire.
Tu peux être en lien avec quelqu'un sans être d'accord avec lui.
Le désaccord n'est pas forcément une rupture du lien.
Et apprendre cela peut profondément transformer ta manière d'être en relation.
Et si ta part contrôlante essayait simplement de te protéger ?
Lorsque tu cherches constamment à contrôler, à anticiper ou à obtenir des garanties, tu peux être tentée de vouloir « lâcher prise ».
Mais cette injonction peut être contre-productive.
Parce que ta part contrôlante n'est probablement pas apparue par hasard.
Elle a peut-être appris qu'il fallait être vigilante.
Prévoir.
Anticiper les réactions.
Faire les bons choix.
Ne pas se tromper.
Ne pas décevoir.
Alors plutôt que de lui dire : « Arrête de contrôler. »
Tu peux commencer à lui demander : « De quoi essaies-tu de me protéger ? »
Cette question change beaucoup de choses. Elle permet de passer du combat contre soi-même à une forme de réconciliation.
Et c'est souvent là que le travail devient véritablement transformateur.
Retrouver sa sécurité intérieure, c'est aussi reprendre sa juste place
Lorsque tu n'as plus besoin que les autres valident constamment tes choix, quelque chose se libère.
Tu peux commencer à faire des choix davantage alignés avec tes valeurs.
Poser des limites.
Exprimer tes besoins.
Changer de direction.
Quitter ce qui ne te convient plus.
Dire ce que tu penses.
Oser être visible.
Prendre ta place.
Pas pour devenir plus performante. Pas pour devenir une version « optimisée » de toi-même. Mais pour revenir progressivement vers ce qui est authentique pour toi.
C'est ici que sécurité intérieure et souveraineté*se rejoignent.
La souveraineté ne consiste pas à tout contrôler. Elle consiste à pouvoir habiter ta vie sans constamment demander aux autres la permission d'être toi.
Se faire confiance plutôt que chercher la certitude
Aujourd'hui, je crois de moins en moins que la sécurité intérieure consiste à être certaine de soi.
La vie ne nous donnera jamais cette garantie.
Tu ne sauras pas toujours si tu prends la bonne décision.
Tu ne sauras pas toujours comment une relation va évoluer.
Tu ne pourras pas contrôler ce que les autres pensent de toi.
Tu ne pourras pas empêcher toutes les blessures.
Mais tu peux construire quelque chose de plus précieux : la confiance que tu seras là pour toi.
Que tu pourras écouter ton corps.
Que tu pourras demander de l'aide.
Que tu pourras reconnaître tes erreurs.
Que tu pourras changer d'avis.
Que tu pourras poser une limite.
Que tu pourras traverser une émotion.
Que tu pourras recommencer.
La sécurité intérieure n'est donc pas la certitude que rien ne va arriver.
C'est la confiance que, quoi qu'il arrive, tu peux rester en lien avec toi-même.
Et peut-être que c'est cela, finalement, apprendre à se faire confiance.
Non pas devenir une femme qui n'a plus besoin de personne.
Mais devenir une femme qui peut être profondément en relation sans se perdre dans le regard des autres.
Et si tu allais plus loin ?
Comprendre tes mécanismes est une première étape.
Mais certaines choses ne se transforment pas uniquement en les comprenant.
Elles ont besoin d'être vécues dans le corps, dans la relation et dans des espaces où tu peux expérimenter une autre manière d'être avec toi-même et avec les autres.
C'est notamment ce que je propose à travers mes espaces de Breathwork et de Constellations archétypales : aller à la rencontre de ce qui se joue en profondeur, écouter ton corps, explorer tes schémas et remettre du mouvement là où quelque chose s'est figé.
Et si tu sens que le moment est venu d'aller encore plus loin dans ton rapport à ta puissance, à ton intuition, à ton désir et à ta juste place, L'Appel de Lilith est une invitation à vivre cette transformation dans un espace collectif de femmes.
Parce que retrouver ta sécurité intérieure ne signifie pas te couper du monde.
Cela peut être le point de départ pour y prendre pleinement ta place.


